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 le conte philosophique

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mouette



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MessageSujet: le conte philosophique   Jeu 23 Oct - 17:44

Le conte philosophique

Le conte philosophique doit sa notoriété à Voltaire.
C’est à la fois un
conte, un récit souvent proche, dans sa structure, du conte traditionnel : un héros, une quête, des obstacles, des éléments merveilleux ou exotiques (Voltaire est allé le plus souvent les chercher dans le monde oriental,). Il exploite en tant que conte le plaisir du récit et cherche ainsi à captiver le lecteur. D’ailleurs dans la stratégie voltairienne, ce recours aux charmes du merveilleux, du récit mouvementé et de l’intrigue sentimentale est destiné à éclairer les nombreux lecteurs qui auraient été rebutés par l’aridité des essais ou des traités. Ce conte est donc également philosophique, car il cherche au final à éveiller la réflexion critique du lecteur sur des questions d’actualité plutôt subversives à l’époque : critique de la religion, du pouvoir absolu, de la politique, de la morale traditionnelle, promotion de la science et de la raison… Le sous-titre du conte éclaire le lecteur sur le thème traité : Candide ou l’optimisme… Le conte philosophique se situe donc dans l’implicite, l’argumentation indirecte

Comment le conte philosophique est-il issu de l’apologue ? Quels liens continue-t-il à entretenir avec lui ? En quoi en diffère-t-il ? Essayons de répondre à partir de Candide.

C’est un récit proche de l’apologue.
Les personnages sont simplifiés, ils incarnent une vertu ou un vice comme dans la fable. Plusieurs récits enchâssés relèvent du genre du conte ou de la fable : l’eldorado, la rencontre avec les rois à Venise, les entretiens avec le derviche et le jardinier dans le dernier chapitre.
La narration est menée sur un ton plaisant, dans un univers intemporel et imaginaire (comme en témoigne l’incipit de
Candide
: « Il y avait en Westphalie, dans le château de monsieur le baron de Thunder-ten-tronckh,... »).
Des hasards ou d’heureuses rencontres permettent aux héros de se sortir des situations les plus critiques.
La trame du récit est elle-même constituée de plusieurs apologues, courts récits s’achevant sur un aphorisme prétendant enseigner une sagesse :


Le voyage en Eldorado et sa morale « il n’y a rien de solide que la vertu et le bonheur de revoir Mlle Cunégonde ».

D’une manière générale, les diverses péripéties servent à dénoncer l’illusion de l’optimisme.

Il se termine lui-même par une sagesse générale : « il faut cultiver notre jardin ».
Mais ce n’est pas un apologue car ce n’est pas un récit court.
Candide
est un roman sentimental, un roman d’aventures, un roman d’éducation.
Voltaire outrepasse les règles du merveilleux en introduisant des réalités historiques à l’intérieur du conte : plusieurs scènes de
Candide évoquent l’Inquisition ou encore le tremblement de terre de Lisbonne. Par ailleurs, il introduit à plusieurs reprises des digressions : l’action reste alors en suspens et, pendant quelques pages, Voltaire laisse la parole à un de ses personnages, afin qu’il expose une idée, s’explique sur un phénomène, disserte sur un principe moral.


De l’apologue nous sommes passés à un conte, ou plutôt un roman, philosophique.
Le conte voltairien se présente comme une thèse que viennent appuyer ou démonter de nombreux exemples et contre-exemples, correspondant aux diverses péripéties, souvent contrastées (l’opulence de l’Eldorado s’oppose au dépouillement total du nègre de Surinam), qui rythment le récit. Chaque aventure permet de faire avancer le héros qui, progressant pas à pas, arrive à maturité au terme de l’histoire. Le conte philosophique est donc un
récit d’apprentissage
. La portée du conte est souvent perceptible dès le titre (ou plus exactement le sous-titre), qui pointe de manière à peine détournée le sujet dont il va être question : ainsi, les épreuves que Candide ou l’optimisme va devoir affronter vont profondément remettre en question l’optimisme initial qui caractérise le héros.
Cette construction linéaire montre la
volonté clairement didactique
du récit dont la finalité essentielle est d’instruire. En ce sens, les contes philosophiques de Voltaire illustrent bien des débats du siècle des Lumières et sont représentatifs des multiples combats menés par l’auteur, notamment pour le respect des droits, la tolérance, la liberté, etc. Et comme tous les masques sont possibles dans le conte (merveilleux, appel à un narrateur fictif, exagération, mensonge...), ce genre lui permet d’exprimer des idées contestataires (Voltaire dénonce la justice, le pouvoir, les abus...) en échappant à la censure.
Voltaire a donc transformé le genre de la fable ou du conte populaire en une forme littéraire pour mener le combat philosophique auprès de lecteurs qui n’auraient pas consulté des ouvrages sérieux comme les essais ou les livres d’histoire. C’est bien dans le détournement subversif de l’apologue que réside le génie de Voltaire.
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mini_sakima



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MessageSujet: Re: le conte philosophique   Sam 1 Nov - 9:06

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